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Du 05 au 10 septembre 2011: 

   9ème Tour Cycliste Féminin International de l'Ardèche (France)

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 10:48

Portrait: Aude POLLET

 

Aude POLLET

 

- Aude Pollet, dans quelle région courrez-vous?
En Rhône-Alpes.

 

- Combien d'heures par semaine vous entraînez-vous?
En saison, entre 10 et 15 heures par semaine.

 

- Combien de kilomètres par an faites-vous?
Certainement autour des 10 000 pour la saison 2005.

 

- Quelle roue libre utilisez-vous au cours de la saison et pourquoi ce choix? Ou bien adaptez-vous le matériel que vous utilisez en fonction des compétitions auxquelles vous participez?
Le 12 ou le 13, suivant les roues… Tout simplement parce que nous nous prêtons les roues avec mon frère, et cette roue libre nous convient à tout les deux !!

 

- Quelle denture utilisez-vous généralement (petit et gros plateau)? Quels en sont les avantages et les inconvénients?
Je suis en 39, 52. Et je ne crois pas pouvoir trouver mieux !!

 

- Utilisez-vous des roues 650 ou 700? Pourquoi?
Des roues de 700… C’est vrai que je ne me suis jamais posé la question !!!

 

- Comment fonctionnez-vous dans votre préparation? Merci de développer.
Là je ne pourrais pas servir d’exemple !! Je m’entraîne quand j’en ai envie et je coupe quand j’en ai marre ! Mais malheureusement mes humeurs ne s’accordent pas toujours avec le calendrier !!

 

- Avez-vous un entraîneur?
Et non !!

 

- Faites-vous une coupure durant l'hiver?
Une en septembre ou octobre (suivant le programme de fin de saison) d’environ 3 semaines. Et je coupe à nouveau fin décembre début janvier pendant deux semaines (c’est pour moi une période de partiels).

 

- Quelle a été votre plus grande satisfaction depuis le début de votre carrière?
Certainement mon podium au championnat de France junior qui signifiait aussi une sélection au championnat du monde !!!

 

- Quelle fut votre plus grande déception?
Une chute en course le dernier jour du stage de préparation au championnat du monde junior 2 à Vérone. A 7 jours de l’objectif de ma saison, c’était la détresse !!!

 

- Avez-vous des regrets et si oui lesquels?
Cette année j’ai eu du mal à retrouver la confiance que j’avais en junior…ce qui m’a valu une saison d’espoir 1 dont je ne suis pas très fière…

  

- Etes-vous issue d'une famille sportive?
Mon papa adorait le vélo quand il était étudiant, mais il ne m’a jamais poussé vers ce sport. Ma maman a toujours été sportive. Je crois que l’important pour eux était que je pratique un sport, mais peu importe lequel !!!

 

- Vous souvenez-vous de votre premier vélo? Quel souvenir en gardez-vous? Le possédez-vous toujours?
Mon premier vélo était un petit VTT Zodiak. C’est mon voisin qui m’avait appris à le dompter, sans douleur  (il m’entourait les coudes et les genoux de gros bouts de mousse !!). Je me souviens aussi que je l’appuyais toujours du même côté, contre le mur… ce qui m’a fait verser quelques larmes, en fin d’été, quand mon beau vélo orange avait décoloré d’un coté sous l’effet du soleil !!!  Mais où est-il passé mon vélo ???

 

- Pourquoi avoir choisi le vélo? Que vous apporte la pratique du cyclisme? Quelles sensations vous apporte-t-il par rapport à d'autres sports?
Quand j’étais petite, je prenais beaucoup exemple sur mon grand frère. Un jour, il lui a pris la folle idée de faire du VTT à l’UNSS. Deux mois plus tard, il était champion de France UNSS, et inscrit à l’école de cyclisme de Chambéry. Et moi je le voyais tous les samedis faire des choses incroyables comme ramasser une pièce de monnaie sous un bidon posé au sol !!! Il n’en faillait pas plus pour que je supplie mes parents de m’y inscrire aussi !!!       

 

Jusqu’à 12 ans, je pratiquais aussi la gymnastique…mais quel supplice par rapport au vélo !!! De la discipline, du travail, mais pas de sensations fortes !!  Je n’ai jamais retrouvé ailleurs que sur le vélo cette sensation de dépasser les limites de la souffrance (ohlala !!! Serais-ce du masochisme ?). En tout cas, je prends énormément de plaisir dans l’effort. Je suis fière de moi après une compèt quand je sens que mon corps a tout donné, que je me suis vraiment dépassée. C’est dans ces moments là que j’apprécie le plus les petites choses : une longue douche, un bon chocolat chaud… !

 

- Dans la mentalité française le cyclisme est un sport plutôt réservé aux hommes, comment en êtes-vous arrivé à faire de la compétition?
Je me suis inscrite à l’école de cyclisme en pupille 2, la compétition faisait partie du contrat. C’était d’ailleurs tellement ludique que les week-ends sans compétition me semblaient bien longs. 

 

Je n’ai jamais ressenti de sexisme. Au contraire, mes camarades étaient tout heureux de voir arriver une fille. Pour eux, c’était un challenge de me battre, et pour moi une évidence de rivaliser !! La différence sur le plan physique ne se ressent que bien plus tard (pour moi, en cadette).

 

- Quels obstacles avez-vous rencontrés?
Je n’ai vraiment pas rencontré d’obstacles !! Le fait d’être la seule fille était une chance. Je pense avoir été plus encouragée, plus chouchoutée !!! J’ai l’impression que ma « carrière » s’est enchaînée très facilement. Moi je me fais plaisir sur mon vélo, et je me retrouve en équipe de France.

 

- Avez-vous des idoles dans le cyclisme? Lesquels? Sont-ils/elles des modèles pour vous?
Mon frère !! Mais vu qu’il arrête, il va falloir que je me trouve quelqu’un d’autre !!! Non, en vrai, je réfléchi... hum !...non, je ne vois pas !!

 

- Par rapport à votre expérience de la compétition, quels conseils pourriez-vous donner? Que faut-il faire, que faut-il éviter?
Dans les petites catégories (jusqu’à junior), il  faut chercher à se mesurer aux garçons. D’après moi, la plus grosse erreur que puisse commettre une féminine est de ne se mesurer qu’à d’autres féminines !! En espoir, il existe suffisamment de courses féminines de haut niveau pour que cela ne soit plus un problème. Mais dans les plus petites catégories, le nombre de concurrentes n’est généralement pas suffisant pour progresser.

 

 

 

Le cyclisme féminin aujourd'hui

 

- Pensez-vous qu'une française peut vivre de la pratique de son sport à l'heure actuelle? Non ! Et moi ça me va !! Pour moi, le cyclisme est avant tout une passion !! Le fait d’être professionnel entraîne une obligation de résultats, une obligation de s’entraîner et d’avoir une hygiène de vie optimale…auxquelles je ne me sens pas capable de m’astreindre ! Pour moi, le vélo deviendrait une contrainte dans ces conditions.

 

De plus, nous ne sommes pas délaissées financièrement : les clubs prennent en charge les déplacements et le matériel. Viennent s’ajouter à cela les primes FFC, subvention de la région…

 

- Selon vous, pourquoi peu de sponsors s'engagent dans votre sport alors que le tennis féminin, l'athlétisme ou d'autres sports féminins sont soutenus par des sponsors?
Les sponsors ne s’engagent pas parce que nous ne sommes pas médiatisées, et qu’ils n’ont donc pas de retombées. Mais ce n’est pas quelque chose que je regrette, car cette faible médiatisation nous protège des travers que l’on connaît dans le cyclisme masculin (dopage, courses vendues…)

 

- Quelle est la plus grosse somme d'argent que vous ait rapporté une course?

 

300 euros pour le classement général de la coupe de France !

 

- Quelles seraient selon vous les solutions à mettre en place pour développer le cyclisme féminin?  Il faudrait développer des structures UCI qui permettent aux filles d’aller courir à l’international… Cela permettrait également de libérer de la place en équipe de France pour les plus jeunes (juniors et espoir). Je me souviens par exemple que le championnat du monde junior était ma première course de niveau international…tandis que les allemandes avaient déjà l’expérience des coupes du monde !

 

Merci beaucoup à Aude Pollet d'avoir accepté de répondre à ces quelques questions et toutes mes excuses pour le retard dans la publication.

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Published by Cyclisme féminin - dans Interviews-Portraits
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