Elle a été l'une des sportives espagnoles les plus brillantes dans l'un des sports les plus durs, le cyclisme. Teodora (dite "Dori") Ruano Sanchon est à présent retirée de la compétition de haut niveau, bien qu'à 37 ans elle pense qu'elle aurait pu arriver jusqu'aux Jeux olympiques de Pékin. A l'occasion d'une visite en Extremadura (région espagnole) elle répond à une interview pour le site elperiodicoextremadura.com dont voici la traduction.
- Sportive et femme, revendicative par obligation?
Quand je faisais de la compétition j'étais revendicative, mais surtout sur les droits de la femme. Maintenant je dirige une école de cyclisme pour filles et ce que je veux c'est qu'elles n'aient pas les problèmes que j'ai eu moi et qu'on ne leur propose pas d'abandonner à 18 ans.
- Quelle est la situation réelle de la femme dans le sport?
On avance à grands pas et peu à peu on arrive à une certaine égalite, mais dans les hautes sphères. Dans les catégories inférieures non et c'est la première grande barrière qu'ont les sportives.
- Pas étonnant que tu sois cette année présidente de la commission féminine de l'UCI.
Non mais je suis négative parce que l'UCI nous a tourné le dos. Le problème du dopage avec les hommes est tellement important pour eux qu'ils oublient le sujet des féminines. Ils nous ont retiré les subventions, les moyens que nous avons sont minimes et les filles n'ont pas envie de lutter; tu ne peux rien faire ainsi.
- Comment le dopage vous affecte?
Au niveau général il fait beaucoup de mal. Mais le dopage n'affecte pas en soi le cyclisme féminin, le problème vient du fait que la fédération est centrée sur le problème masculin et elle est en train de laisser sur un second plan le cyclisme de base et le cyclisme féminin. Ils ont tout oublié et il semblerait que tout tourne autour du dopage. C'est très dur parce que des cyclistes professionnels il doit y en avoir environ une centaine et il y a 35000 licenciés, le reste, que faisons-nous?
- Le panorama est sombre pour les jeunes promesses
Ici nous avons la chance qu'un projet ait été mis en marche conjointement entre l'équipe féminine de Monteoro et l'Institut de la Femme d'Extremadura. Pour ce que j'en sais il y a un budget suffisant pour faire un calendrier national, il y a même des filles qui viendront d'autres communautés. Ceci est un germe qui donnera des résultats à court terme, parce qu'il y a des filles de 12 ans jusqu'à 46 ans inclus.
Propos recueillis par Mercedes Martin pour El periodico Extremadura.
L'interview dans sa version originale: http://www.elperiodicoextremadura.com/noticias/noticia.asp?pkid=279173
Le quotidien régional "Le Dauphiné Libéré" consacre aujourd'hui un petit article à Laurie Berthon, double championne de France sur piste cadettes (vitesse et aux points), qui devrait rentrer à l'INSEP en 2007. Fille de Ghislaine Berthon (3ème du championnat de France de vitesse en 1980) et de Xavier Berthon (30 ans de compétition à son actif), Laurie Berthon est licenciée au club Charvieu-Chavagneux.
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Le 23 août dernier elle était sacrée, à 15 ans, championne de France de la course aux points cadettes, un jour après avoir décroché le titre en vitesse: "Autant j'avais pour objectif de m'imposer en vitesse, autant dans la course aux points, je visais surtout un podium" déclare la jeune championne au journal. Sur le podium elle avait fondu en larmes, comme pour mieux évacuer la pression qui pesait sur ses frêles épaules. Alors qu'elle était citée comme favorite du championnat de France sur route à Ussel, Laurie ne s'était classée qu'à la 31ème place. "On nous avait suggéré de lui faire faire de la sophrologie (...) on pensait qu'elle avait un problème lors des grands rendez-vous" rappelle son père.
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Son double titre national sur piste aura fait taire les plus sceptiques, au point que l'entraîneur national Gérard Quintyn lui ouvre les portes de l'INSEP pour la rentrée 2007. Cadette 1ère année, Laurie Berthon va pouvoir arborer son maillot tricolore tout au long de la saison mais aussi lors des 6 Jours de Grenoble (du 26 au 31 octobre) où elle compte bien "contrairement à l'année dernière (...) conserver le maillot jaune jusqu'au dernier soir".
Le problème majeur du cyclisme féminin demeure encore et toujours la faible médiatisation et donc l'absence cruelle de sponsors. L'annulation de la Primavera Rosa en est l'illustration. La Belgique n'échappe pas à ce constat. Tandis que le Tour des Flandres ou la Flèche Wallonne sont organisées avant la course hommes, la télévision ne prend même pas la peine de diffuser les images de l'arrivée. "Et quand le nom de la fille est cité, le commentateur parvient encore à se tromper...", conclut Corine Hierckens.
Ce n'est pas une nouvelle, le cyclisme féminin souffre d'un manque de reconnaissance dans les médias. Nos voisines belges ne sont pas mieux loties que les françaises. Corine Hierckens et Ludivine Henrion, les deux meilleures coureuses belges à l'heure actuelle, dénoncent ce manque de reconnaissance dans un article paru sur le site DHnet. Elles soulignent par exemple le fait que le nom de la fille qui a gagné la Flèche Wallone cette année n'a même pas été cité à la télévision belge. Elles déplorent par ailleurs le manque de moyens mis en oeuvre par la Fédération alors que cette saison les trois championnes de Belgique sont wallones et que la relève semble assurée en Belgique par quelques espoirs prometteurs.
En réponse, le Président de la Fédération Wallone de Cyclisme, Michel Servais, affirme: "La Fédération compte bien reprendre les rênes du cyclisme féminin. Car il y a un grand potentiel au niveau wallon, qui me fait voir l'avenir en rose". Des propos très optimistes et très prometteurs. Seront-ils suivis de faits concrets?
Lisez l'article complet signé Julien Gillebert en cliquant ici.
Dans son édition du 5 aôut 2005, le quotidien "L'Humanité" revient sur l'annulation de la Route de France Féminine dans un article intitulé "Petites reines abandonnées".
Le journaliste, Alexandre TERRINI, établit une cruelle comparaison, pourtant réaliste, de la situation du cyclisme féminin français par rapport aux autres nations. Il souligne par exemple le fait qu'en France tout repose sur l'équipe nationale et que les féminines se débrouillent comme elles peuvent. Virginie MOINARD résume bien la situation: "On se demande pour quelles raisons on continue et l’on s’aperçoit que c’est uniquement par passion". Et il en faut de la passion pour perséverer dans ce sport quand on est une femme, de surcroît française!
Depuis plusieurs années, "Les Pruneaux d'Agen" se sont lancés dans le sponsoring du cyclisme féminin. C'est ainsi qu'a vu le jour une équipe semi-professionnelle pour laquelle le sponsor assure les frais de déplacements et une assistance technique, sans salarier les athlètes. Alexandre TERRINI souligne que cette initiative "n'a pas fait d'émules" chez d'autres sponsors potentiels. Les raisons? Notre culture, la mentalité française, le machisme ambiant, l'UCI qui n'a rien fait pour valoriser le cyclisme féminin.
Le journaliste évoque quelques pistes intéressantes pour remédier à cette situation comme la mise en place d'un circuit pro Tour féminin, la création de groupes sportifs mixtes, ou encore des courses féminines organisées en levée de rideau des courses masculines. Des solutions souvent évoquées pour sortir le cyclisme féminin de la confidentialité, peut-être une sérieuse piste de réflexion pour l'avenir et la survie de ce sport...
Un article très intéressant, à lire en cliquant ici.




