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Du 05 au 10 septembre 2011: 

   9ème Tour Cycliste Féminin International de l'Ardèche (France)

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 17:06
Ce n'est pas la première fois que les Championnats du Monde sur route se déroulent à Mendrisio. Ils furent organisés dans cette ville suisse en 1971. Cette année-là, comme l'année précédente, c'est la soviétique Anna Konkina qui s'impose devant l'italienne Morena Tartagni qu'elle bat au sprint. Les deux mêmes filles aux deux mêmes premières places que l'année précédente, ce fut une première, jamais réitérée à ce jour. La néerlandaise Cornelia Hage montait sur la 3ème marche du podium.

Sur le point de se marier, Morena Tartagni s'était décidée à participer à l'épreuve seulement quelques jours avant car elle pensait remporter le titre mondial. Elle déclara à la presse que si elle avait su qu'elle finirait 2ème, elle ne serait pas venue!

Débutant la compétition en 1965, Morena Tartagni devient championne d'Italie sur route en 1968(*) et 1969 où elle s'impose malgré une chute. Sur piste, elle est championne d'Italie de poursuite en 1967 et elle établit le 28 octobre 1968 sur la piste olympique de Rome un record mondial de poursuite sur 3000 mètres. Jusqu'à ce record, la discipline était dominée par les soviétiques et les belges.

En 1968, les Championnats du Monde sont organisés dans son pays. Elle décroche la médaille de bronze avant d'être deux fois vice-championne du Monde (70 et 71), mais elle n'aura jamais réussi à décrocher la médaille d'or... Elle restera malgré tout dans l'Histoire comme la première italienne à être montée sur le podium des Championnats du Monde sur route.

(*) selon d'autres sources c'est Maria Cressari qui fut Championne d'Italie cette année-là.
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 01:08
Profitons de cette période creuse qu'est le début de saison pour nous replonger 30 ans en arrière. En 1979, Jeannie Longo remporte son premier titre de championne de France sur route tandis qu'en Espagne le premier championnat féminin de l'Histoire est organisé. A cette époque, le Championnat du monde est l'épreuve phare de la saison. Cette anné-là il consacre une néerlandaise. Retour sur ces trois événements.



France: une inconnue nommée Jeannie Longo


En 1979 le Championnat de France a lieu à Neufchâtel-en-Saosnois. Depuis la retraite de Geneviève Gambillon, double championne du monde et 7 fois championne de France, le championnat national est beaucoup plus ouvert. Jeannie Longo, une jeune grenobloise de 21 ans, venue du ski, participe à sa première course nationale. De son côté, l'ancienne championne du monde Josiane Bost, dispute sa dernière saison. Toujours bien placée dans le championnat national, Bost, malgré ses 200 bouquets glanés tout au long de sa carrière, ne réussira jamais à décrocher le maillot tricolore.

Les deux premiers tours de circuit se déroulent à un ritme plutôt tranquille. Dans le dernier tiers du parcours, Jeannie Longo remonte à l'avant du peloton. Elle sera longtemps en tête de l'ultime ascension de la Côte de la Vallée de l'Enfer mais elle sera décrochée en compagnie de Josiane Bost. A 1 km du sommet, les attaques fusent de toute part. Mais au bénéfice de la descente le duo Longo-Bost parvint à revenir sur le groupe de tête à 2 kilomètres de l'arrivée. Le sprint final sera lancé au pied d'un long faux-plat montant menant à la ligne d'arrivée. Jeannie Longo va remonter et dépasser ses adversaires une à une, à commencer par la doyenne du peloton, la quadragénaire Arlette Lacan. A leur tour les expérimentées Dany Dubois, Annie Barjou et Nicole Verzier sont doublées par Jeannie Longo. A ce moment-là, la grenobloise est certaine d'être sur le podium puisqu'il ne lui reste plus qu'à déposer Nathalie Diart et Elisabeth Camus, ce qu'elle fit, franchissant la ligne d'arrivée en vainqueur. Jeannie Longo elle-même n'imaginait peut-être pas à cet instant-là que ce titre n'était que le premier d'une longue série et encore moins qu'elle porterait le maillot national trente ans après.

En ce mois de juillet 79, le public s'interroge: "Jeannie Qui?" Car il faut bien l'avouer, c'est à ce moment-là une inconnue qui s'apprête à revêtir le maillot tricolore. Une jeune femme qui avait décidé de prendre sa licence parce que le championnat du Monde allait être organisé l'année suivante à Sallanches, tout près de chez elle. Et cela tombe bien car Gérard Marillier, le directeur technique national, lui annonce qu'elle est sélectionnée pour le Mondial. S'imaginant que le championnat du Monde a lieu tous les deux ans, comme en ski, Jeannie Longo croit d'abord être sélectionnée pour Sallanches, avant de réaliser qu'elle part le mois suivant à Valkenburg pour disputer son premier Championnat du monde. Elle se classera 8ème et remportera son 1er titre mondial sur route en 1985 avant de devenir la championne la plus titrée de l'Histoire du sport.



Espagne: et Ateca attaqua...


En Espagne le Général Franco avait interdit le cyclisme féminin. Un an après sa mort et l'avénement du Roi Juan Carlos, l'Espagne connaît enfin la démocratie. C'est dans ce contexte qu'est organisé le 1er Championnat d'Espagne féminin le 6 août 1979 à Saragosse, 28 ans après le 1er championnat français, 20 ans après le 1er championnat belge et 16 ans après le 1er championnat italien. Avec un tel retard du cyclisme féminin espagnol, seulement 9 concurrentes s'alignent au départ de la course qui se déroule sur un parcours de 20 kilomètres, soit 16 tours de 1250 mètres.


Durant les 10 premiers tours de circuit, le "petit peloton" roule groupé. Aucune tentative d'échappée n'est enregistrée. Au 11ème tour, Mercedes Ateca s'échappe et personne n'est en mesure de répliquer. La course est pliée. Pourtant le suspens demeure quant à la 2ème place. Blanca Gil et Maria Victoria Fustero vont en effet se livrer un duel sans mercis, jusqu'à l'arrivée, et qui tournera à l'avantage de la première.


Le triomphe de Mercedes Ateca a été facilité par la défection de plusieurs coureuses catalanes qui auraient pu être ses plus sérieuses rivales. Mais en voyant la forte pente que présentait le circuit avec la montée de El Ballatador, elles ont préféré ne pas participer au Championnat! Mercedes Ateca, qui courait habituellement en France sur des distances bien supérieures, s'imposa avec facilité et entra dans l'Histoire du cyclisme féminin en devenant à 33 ans la 1ère championne d'Espagne sur route.


Cette année-là elle fut la seule concurrente - et la première de l'Histoire - de nationalité espagnole à participer au Championnat du Monde. Elle ne connut pas le même succès puisqu'elle abandonna. Néanmoins elle prouvera que son titre national n'est pas le fruit du hasard en le décrochant à nouveau en 1980 (sur un parcours de 50 km) et en 1981. Elle sera aussi 2ème en 1984.



Mondial de Valkenburg: domination totale des néerlandaises


Le Championnat du Monde de Valkenburg, aux Pays-Bas, se déroule le 25 août 1979. Soixante-et-une participantes issues de 14 nations s'alignent au départ d'un circuit de 16 kilomètres à parcourir 4 fois. L'épreuve fut marquée par la domination totale des néerlandaises qui plaçaient une représentante de leur nation dans toutes les échappées afin de préparer le terrain pour van Oosten-Hage, la favorite.

Au final c'est sa compatriote Petra De Bruin qui s'imposa au sprint sur sa compagne d'échappée, la belge Jenny De Smet.
Cette dernière s'échappa dès le premier tour de circuit mais après 2 kilomètres elle fut reprise par van Oosten-Hage avant d'être avalée par le peloton. Au tour suivant c'est la néerlandaise Hennie Top qui attaque, puis sa compatriote Rik. Elles aussi sont reprises et dans le troisième tour c'est leur coéquipière Moholman qui s'échappe. Dans le Cauberg elle est rejointe par Rik, l'américaine Carpenter et la canadienne Strong. A nouveau le peloton revient sur elles.

C'est au début du dernier tour que se dessine l'échappée décisive. Alors qu'il ne reste plus que 16 kilomètres à parcourir, De Bruin et De Smet s'échappent. A 700 m de l'arrivée elles comptent 42 secondes d'avance sur le peloton. Le sprint final est lancé à environ 100 m de l'arrivée. Petra De Bruin s'impose d'un cheveu. Ayant levé les bras un peu trop tôt, il s'en fallut de peu pour que la belge ne lui souffle la victoire. De Smet en fut quitte elle aussi pour une belle frayeur. Alors que le duo a franchi la ligne d'arrivée, les deux coureuses doivent éviter de nombreux groupes de photographes et véhicules retenus afin de ne pas envahir le circuit. Jenny De Smet trébuche contre une moto et fait une chute spectaculaire, heureusement sans conséquence.


Le classement:
1 Petra De Bruin (Hol) les 64 km en 1h43'57"
2 Jenny De Smet (Bel) m.t
3 Beate Habetz (RFA) à 26"
3 Karen Strong (Can)
4 Keetie van Oosten-Hage (Hol) à 30"
5 Karen Strong (Can)
6 Emmanuella Menuzzo (Ita)
7 Francesca Galli (Ita)
8 Jeannie Longo (Fra)
9 Ines Varenkamp (RFA)
10 Rosella Galbiati (Ita)
...
24 Nathalie Diart (Fra)
...
28 Annie Barjou
...
toutes même temps jusqu'à la 34ème



Quelques podiums des championnats nationaux cette année-là

PAYS 1ère 2ème 3ème
Belgique Maria Herrijgers Sonja Pleysier Marie-Hélène Schiffers
Espagne Mercedes Ateca Blanca Gil Maria Victoria Fustero
Etats-Unis Connie Carpenter Beth Heiden Mary-Jane Reoch
France Jeannie Longo Elisabeth Camus Nathalie Diart
Grande-Bretagne Brenda Atkinson Catherine Swinnerton Bernadette Griffiths
Italie Francesca Galli Giuseppa Michelloni Cristina Minuzzo
Pays-Bas Tineke Kole-Fopma Hennie Top Keetie van Oosten-Hage
RFA (All. de l'Ouest) Beate Habetz Marianne Stuwe Uta Rathmann

Sources:
"Du miel dans mon cartable" de Jeannie Longo, Editions Robert Laffont, 1988
"Les petites reines du Tour de France" de Rémy Pigois
"Tous les palmarès du cyclisme féminin" d'Alfred North
Le quotidien espagnol "El Pais"
Le quotidien espagnol "El Mundo deportivo"
Le site fotokoos.nl
Archives personnelles
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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 10:06
Elsy JACOBS
Le GP Elsy Jacobs a lieu aujourd'hui à Garnich (Luxembourg) dans la ville natale d'Elsy Jacobs pour célébrer le 50ème anniversaire de sa victoire dans le premier championnat du monde féminin. Cette victoire eut lieu le 30 août 1958 à Reims mais la course a lieu aujourd'hui pour des raisons de calendrier.

Elsy Jacobs est née le 04 août 1933 à Garnich. Elle est la dernière de 9 enfants dont 6 sont encore en vie à sa naissance. Ses quatre frères sont devenus coureurs cyclistes. Roger, qui cotoya Raymond Impanis et Bim Dietrich participa à des courses en Belgique et au Luxembourg. Robert, de 4 ans son cadet, était boulanger. Il dût abandonné sa carrière de cycliste prématurément après avoir été griévement blessé, renversé par une voiture. Edmond, lui aussi boulanger, fut sélectionné dans l'équipe du Luxembourg pour le Tour de France 1956 mais il dut abandonné l'épreuve dès la 2ème étape suite à une chute. Raymond quant à lui débuta sa carrière en même temps que Charly Gaul. Il se distingua notamment sur le Tour d'Autriche avant de passer professionnel.

Elsy hérita des vélos de ses frères. Elle s'entraînait seule. Son père cultivait 9 hectares de terre et élevait quelques bêtes. Ainsi, Elsy devait prendre part aux travaux de la ferme, sans quoi elle risquait de ne pas pouvoir aller s'entraîner. Elle finissait ses tâches à 14h (parfois beaucoup plus tard), ce qui lui permettait de s'entraînait l'après-midi. Tandis qu'il existait déjà des courses féminines en France et en Belgique, il paraissait inconcevable à cette époque, au Luxembourg, qu'une femme soit coureur cycliste. C'est ainsi que dès le début des années 50 Elsy Jacobs se débrouillait pour participer à des courses en France et en Belgique. Elle n'avait pas de licence mais ces courses étaient quelque peu "sauvages".

Le 12 juillet 1951 elle se classe 12ème à Esch-sur-Azlette. Ce sera son premier classement officiel. En 1953 elle prend sa 1ère licence à Puteaux et dispute 20 courses. En 1955 elle intègre le club de Dippach. L'année suivante Arny Franck devint l'entraîneur du club. Les courses féminines sont toujours interdites au Luxembourg mais Arny Franck l'accompagne en Belgique pour ses courses.

En 1957 Elsy s'installe à Paris. Cette année-là le Luxembourg autorisa officiellement l'organisation d'une course féminine. Elsy obtint sa première licence au Luxembourg.

Le 30 août 1958 elle remporte le 1er championnat du monde féminin officiel qui fut organisé à Reims. Grâce à cette victoire elle devint la fiereté du Luxembourg. C'est probablement grâce à cette victoire que le Luxembourg organise en 1959 le premier championnat national féminin. Il fut bien entendu remporté par Elsy Jacobs qui décrocha tous les titres jusqu'en 1974, à l'exception de 1969.

Le 9 novembre 1958 Elsy Jacobs bat le record de l'heure détenu par Millie Robinson. Elle put tenter ce record grâce à Geminiani qui insista auprès de Louviot, le directeur sportif du groupe St Raphaêl - Quinquina. Alors que le record de la britannique Robinson était de 39,718 km parcourus en une heure, Elsy Jacobs établit le record à 41,348 km alors qu'elle n'avait suivi aucune préparation particulière pour tenter ce record. Elle est la première à franchir la barre des 40 km et il faudra attendre 1972 pour que l'italienne Maria Cressari fasse tomber son record.

En 1959 Elsy Jacobs se classe 2ème du Championnat du monde et en 1961 elle se classe 3ème. Le championnat du monde aura d'ailleurs toujours été son grand objectif. Elle termina chacune des 16 éditions auxquelles elle participa (moins bon classement en 16 participations: 20ème en 72).

Bien qu'elle soit la fiereté du Luxembourg et malgré ses exploits Elsy Jacobs ne peut pas participer aux Championnats du monde de Montréal en 1974 car la Fédération nationale le lui refuse. Elle avait pourtant proposé de prendre les frais à sa charge. Suite à cet événement, Elsy décide en 1975 de prendre la nationalité française, un peu sur un coup de tête. 

De 1955 à 1963 sur 419 courses à travers toute l'Europe, elle gagne 114 fois, se classe deuxième 65 fois et termine 38 fois à la 3ème place. Autrement dit, sur 419 courses elle termine 217 fois sur le podium!

De 1955 à 1978 (date de son 1er départ à la retraite) elle participe officiellement à 1059 courses. Alors qu'elle se retire en Bretagne en 1978, elle reprend la compétition en 1982 et participe à 85 courses sur 3 saisons (82-83-84).

Elsy Jacobs est décédée en 1998 des suites d'un cancer.


L'intégralité des informations contenues dans cet article sont issues du livre de Gaston Zangerlé "Elsy Jacobs, grande duchesse de la petite reine".
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